Extraits du CHAPITRE 8 "mon second voyage de noce"

Publié le par CYMONE

8 Mon second voyage de noce.

….Enfin à Pétra, j’ai un regain d’énergie, j’oublie presque ma maladie, je l’abandonne provisoirement dans le désert ; je la foule au pied et l’ensevelis dans le sable. Mon cheval fougueux la piétine, et n’arrive pas à me désarçonner. C’est au grand galop et devant l’étonnement général que je caracole dans le canyon qui mène à la cité antique. Soudainement je suis prise d’une envie de vivre irrésistible. Elle me donne des ailes. Sur Pégase je m’envole, pour franchir les murailles de la vieille ville et découvrir émerveillée le premier temple taillé dans la roche. Puis je rends à regret ma monture au guide et j’attends patiemment l’arrivée du groupe. Sans trop d’effort je gravis à pieds les sentiers qui mènent jusqu’au col. Sans aide aucune et sans l’assistance des petits ânes gris qui pourraient me porter sur leurs dos je parcours tout le site. Avec Paprika à mes côtés je pénètre dans chaque temple sacré, n’ayant pour seul décor intérieur que des strates colorées de jaune, de violet, de rose, de rouge cuivré, de noir. En fin d’après-midi, le soleil décline, passe entre les colonnes de grès rose et pénètre l’enceinte qui s’illumine de mille couleurs chatoyantes. Mille stries sinueuses et mordorées parcourent les plafonds voutés, les sols bosselés et ondulent sur les parois verticales. Pour le retour je retrouve ma monture et mon énergie intactes. C’est la chevauchée fantastique jusqu’à l’accueil où j’arrive en tête et où j’attends à nouveau mon groupe. J’ai hâte de retourner dans le magnifique hôtel où nous avons déjà déposé nos bagages. Nous résidons dans des suites qui ressemblent à des petites maisons construites comme des troglodytes. Elles sont presque accrochées à la falaise et disposées le long des allées qui surplombent la vallée. En cheminant dans ce village-hôtel on va jusqu’à la place centrale où toutes les ruelles convergent vers le restaurant où nous attend un magnifique buffet que je touche seulement du bout des yeux.

Pour terminer ce beau voyage, le guide nous propose de pousser jusqu’au désert de Wadi Rum. Ici, les ombres et les lumières se succèdent dans un immense océan de sable rouge qui ondule à l’infini. Ici quelques falaises enchevêtrées immergent de nulle part. Ici la chaleur est si intense qu’elle me coupe les jambes. Seuls les rares coins d’ombre me font descendre du véhicule pour atteindre un semblant de fraicheur. Piètre exploratrice. Je fais deux pas sous le soleil brûlant et je suis déjà anéantie. Kaput l’exploratrice, elle fond comme une sucette dans un four. Aucune résistance, une chiffe molle. Une vieille poupée de chiffon jetée à l’arrière du véhicule pendant que tous les autres sans exception marchent et affrontent le désert sans souffrance apparente. Coiffé d’un keffieh à carreaux, Paprika avance sans se soucier de l’air du temps. De dos on dirait Yasser Arafat ! Etalée sur les sièges arrière, un foulard sur la tête, Dora l’exploratrice est bringuebalée comme elle peut dans le désert. Elle a les jambes en compote et les bras en caramel mou. Dora l’exploratrice rend son sac à dos. Milles étoiles tournent dans sa tête ! C’est perdu !

Les jeeps nous ramènent à la base. Je reprends mes esprits et mes dernières photos en regrettant déjà de n’avoir pas mis mes pas dans ceux de Lawrence d’Arabie. J’admire une dernière fois ses dunes de sable chaud et ses montagnes de grès rouge. Puis nous rentrons à l’hôtel nous reposer en attendant la surprise promise par notre guide.

Ce soir, c’est le grand soir. Une belle soirée d’adieux aux Bédouins nous attend. Nous sommes fins prêts et remontons dans le car avec des énigmes plein les têtes. Où roulons-nous par cette nuit sombre et étoilée ? Qu’est-ce qui nous attend à l’arrivée ? Le mystère reste entier jusqu’au bout. Soudain, le car quitte la route goudronnée, il s’engage dans des chemins chaotiques. Nous sommes brassés dans tous les sens. Le car s’arrête enfin en plein désert, dans un chemin mal aisé aux profondes ornières. Les coquettes crient au scandale. Ca n’était pas prévu au programme ! Dans leurs beaux atours les couples en colère ne cessent de rouspéter. Ils refusent presque de descendre du car. Leurs petits souliers sont submergés par des immondices. Les belles et leurs talons aiguilles se tordent les pieds. Ils avaient prévu d’aller danser avec leurs belles robes et leurs beaux costumes. C’est raté ! Vêtus de leurs traditionnelles djellabas, les bédouins contrits nous accueillent humblement sous leur tente. Sur des nattes autour d’un grand tapis les explorateurs contestent pour la forme. Tout compte fait ce n’est pas si mal, sauf qu’il aurait fallut nous avertir, c’eut été plus judicieux ! Puis ils font contre mauvaise fortune bon cœur, se dérident et finissent par danser pieds nus autour d’un grand feu qui réchauffe les cœurs.

Les bédouins nous disent adieu. Les jordaniens espèrent nous revoir très vite. L’avion nous rapatrie. Et les français nous accueillent pour reprendre dare dare nos habitudes et nos coutumes.

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