Extraits du CHAPITRE 10: Recherche emploi désespérement.

Publié le par CYMONE

10 Recherche emploi désespérément.

…..Pendant ces longs mois de chômage, ma conseillère ANPE me convoque régulièrement pour savoir où j’en suis de ma recherche d’emploi. Je réponds parfois en pleurs que malgré ma bonne volonté, je ne peux pas me rendre à son RDV pour cause de maladie. Puis je finis un jour par lui avouer ma colopathie, et l’impossibilité de sortir de chez moi sans mon pot de chambre ! Elle compatit, sait comprendre les naufragés de l’emploi, qui sont malades de surcroit. En côtoyant tous les jours la détresse des sans-emplois, elle sait repérer ceux qui ne trichent pas. Elle me confie connaitre un homme qui a les mêmes problèmes que moi ; et me laisse gentiment du temps pour me soigner sans me stresser.

En remuant ciel et terre, je finis par dénicher un CDI ; et en tant que prestataire de services je travaille régulièrement à 100 km de chez moi. Le stresse dû à l’éloignement et aux longues journées de travail ne me permettent de rentrer qu’une fois par semaine à mon domicile. Pour compenser mes absences, une nuit par semaine, mon mari vient me voir à l’hôtel.

Je travaille en bureau d’études, environ 10 heures par jour payées 10 ! Une chance cette fois ci ! Mais le stresse (maladie + travail) augmente ma colopathie et à l’hôtel je fais une sorte d’occlusion intestinale liée à la prise d’Immodium parfois indispensable pour travailler en paix et ne pas passer mon temps dans les toilettes. C’est un fécalome bloqué très haut dans le colon et l’urgentiste qui me soigne, me renvoie le jour même au travail ! Comme il me tient responsable de la situation, il me sanctionne de l’avoir dérangé pour une sale besogne. « Tant pis pour vous, c’est vous qui vous rendez malade, c’est dans votre tête tout ça ; donc pas d’arrêt maladie ! C’est ce qu’il me dit, et je n’arrive pas à le dissuader qu’il se trompe, tant je suis épuisée et souffrante. Je n’arrive pas à lui faire comprendre, que ce qui me noue le ventre c’est aussi un phénomène d’abandon général, celui des médecins qui ne font pas d’effort pour me soigner, celui de vivre éloignée de mon confort, de mes habitudes. Ce qui me noue le ventre c’est un travail loin de chez moi, qui me tient à distance de ma famille, de ceux qui savent et compatissent.

Le gérant de l’hôtel me conseille de me reposer et surtout de ne pas conduire dans cet état, mais je culpabilise tant à cause de l’urgentiste que je pars travailler quand même. Ce jour là, je n’effectue que 8 heures ; je suis si mal en point, que le patron du bureau d’études vient toutes les 5 minutes me remercier et vérifier qu’il ne m’arrive rien de fâcheux dans son établissement.

Quelques jours plus tard, un ami qui est kiné me propose quelques séances dans son cabinet. En relançant l’énergie intestinale par des massages abdominaux très musclés, il rétablit pour quelques jours un semblant de guérison. Je ne mange toujours pas de légumes ni de fruits mais je souffre beaucoup moins. J’y crois tellement que je vais le voir tous les vendredis soirs avant de rentrer à mon domicile. Puis le corps s’habitue, et je cesse les séances de kiné, qui deviennent inutiles.

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