Antibiorésistance. Les PHAGES pour remplacer les antibiotiques ou s’associer avec eux dans l’action anti-infectieuse.

Publié le par CYMONE

Bonjour

En novembre 2016, j’avais reçu cet article de l’IPSN (Institut pour la Protection de la Santé Naturelle) comme je le trouvais passionnant je voulais le mettre sur mon blog.

En effet dans le milieu médical on évoque souvent l’ampleur croissante de la résistance des bactéries aux antibiotiques. Les infections nosocomiales, (souvent contractées dans le milieu hospitalier) dont on peine à se débarrasser sont aussi la preuve que les antibiotiques prescrits dans ces cas là, s’avèrent peu efficace.

En gros, dans un futur très proche, comment allons-nous soigner nos infections si nous ne pouvons plus compter sur les antibiotiques ?

Ce que disent les médias est alarmant, et ce que dit l’INSERM (Institut National de Santé et de Recherche Médical) le confirme (*).

L’IPSN nous rappelle que dans le passé, on utilisait des virus naturels pour combattre certaines bactéries. Cette science s’appelle PHAGOTHERAPIE.

Un retour en arrière dans les méthodes de soins des infections, pourrait-il apporter des réponses aux questions que l’on se pose sur l’efficacité actuelle des antibiotiques ?

Des pays comme la Russie ou la Géorgie se soignent avec les PHAGES. Pourquoi pas nous ?

Les phages, contrairement aux antibiotiques, ne détruiraient pas notre microbiote. Notre système immunitaire ne serait pas affaibli comme avec les antibiotiques, car les phages ciblent parfaitement la bactérie infectieuse. Et pour la maladie de Lyme, les phages associés aux antibiotiques pourraient être la solution pour détruire la bactérie Borrelia.

Dans le domaine du traitement des infections, si les autorités sanitaires le permettent, fera-t-on un jour, un retour en arrière en formant nos étudiants en médecine avec les méthodes du passé, celles qui ont déjà fait leur preuve, et continuent de fonctionner dans certains pays ?

Je n’oublie pas non plus la fragilité de ceux qui sont atteints de maladies chroniques intestinales. Ils font partie des plus vulnérables car leur système immunitaire trop souvent affaibli par leur maladie, a du mal à se remettre lorsqu’ils sont sous traitements antibiotiques.

Alors à quand ce retour aux méthodes naturelles ?

Bonne lecture et bons commentaires.

Cymone

 

 

(*)http://www.inserm.fr/thematiques/immunologie-inflammation-infectiologie-et-microbiologie/dossiers-d-information/resistance-aux-antibiotiques

L’antibiorésistance, le revers de la médaille

L’efficacité remarquable des antibiotiques s’est accompagnée de leur utilisation massive et répétée en santé humaine et animale (voir encadré). Ce phénomène a généré une pression sur les bactéries, qui ont développé des systèmes de défense contre ces antibiotiques. On parle de pression de sélection, conduisant à l’apparition de résistances. La mauvaise utilisation des antibiotiques, passant par des traitements trop courts ou trop longs, parfois mal dosés, est également pointée du doigt.

Ponctuelles au départ, ces résistances sont devenues massives et préoccupantes. Certaines souches sont multirésistantes, c’est-à-dire résistantes à plusieurs antibiotiques. D’autres sont même devenues toto-résistantes, c’est-à-dire résistantes à tous les antibiotiques disponibles. Ce dernier cas est heureusement encore rare, mais le phénomène est en augmentation. Il place les médecins dans une impasse thérapeutique : dans ce type de situation, ils ne disposent plus d’aucune solution pour lutter contre l’infection.

 

 

Phagothérapie : quand les virus guérissent...

L’IPSN est allé à la découverte d’une science étonnante et pourtant très ancienne, capable de détrôner les antibiotiques et de redonner espoir à de nombreux malades, dont ceux touchés par Lyme ! Alain Dublanchet, expert mondialement reconnu, nous introduit dans les arcanes de ce fascinant sujet.

Des virus pour combattre des bactéries

Pratique pourtant ancienne, abandonnée par la science moderne, l’utilisation des phages était une thérapie très efficace avant que n’apparaissent les antibiotiques. Que sont-ils ?

Les phages sont des
virus naturels capables de détruire les bactéries (chaque virus a une action sur une bactérie spécifique). Découverts tout d’abord par Frederick W. Twort à Londres en 1915, observés de nouveau par Félix d’Hérelle en 1917 puis isolés par ce dernier, ces virus « mangeurs » de bactéries révèlent dès cette époque leurs premières applications thérapeutiques dans le traitement d’infections diverses et connaissent leurs premiers succès au tout début des années 1920.

La phagothérapie est l’utilisation de ces virus appelés aussi bactériophages pour traiter des infections bactériennes. En effet,
les phages ont la particularité d’infecter les bactéries qu’ils ciblent de façon spécifique, et même de les détruire sans endommager les cellules humaines, animales ou végétales.

Alain Dublanchet, médecin biologiste français, spécialiste de la phagothérapie, mène depuis une dizaine d’années ses recherches avec différents instituts, notamment l’Institut Pasteur. Nous redécouvrons grâce à lui ce que la médecine a oublié : un remède fiable et sans danger.

Actuellement, la médecine recense environ 6000 phages, chacun associé à une seule bactérie. Les phages sont donc un mode de thérapie bien connu, mais en France, personne n’en parle !

Mais d’autres pays, comme la Russie ou la Géorgie où le Dr Dublanchet a mené la majeure partie de ses recherches, utilisent encore les phages. Là-bas, on les trouve même aussi couramment en pharmacie que nos chers antibiotiques.

Antibiotiques : quand les soins tuent !

Si les antibiotiques ont représenté jusqu’ici une solution inégalable pour traiter toutes sortes d’infections plus ou moins graves, la médecine actuelle se trouve confrontée à un problème effrayant : les bactéries sont de plus en plus résistantes à ces traitements, plongeant ainsi le corps médical dans une impasse thérapeutique.

Comme nous l’explique Alain Dublanchet dans son livre « Des virus pour combattre les infections », cette résistance aux antibiotiques fut pourtant constatée dès la mise sur le marché de la pénicilline. Par la suite, les échecs répétés de ces thérapies n’ont pas été remis en question par la science moderne qui s’est obstinée à rechercher de nouvelles molécules avec une confiance aveugle en l’efficacité des antibiotiques. La machine infernale est donc lancée, donnant naissance à de redoutables effets rebond supplémentaires. L’ironie du sort veut que nous assistions peu à peu à l’apparition d’infections à bactéries multirésistantes directement liées aux soins ! Les fameuses infections nosocomiales.

Il s’agit d’infections consécutives à des soins reçus en milieu hospitalier, apparaissant généralement 48 heures après l’admission du patient. Du fait de la vulnérabilité propre aux malades, l’exposition à des bactéries résistantes représente un grand risque, pouvant provoquer des infections difficiles, voire impossibles à traiter. Depuis quelques années, elles représentent non seulement une cause de plus en plus importante de décès, mais, surtout, la proportion d’infections dues à des bactéries résistantes croît de façon inquiétante.

Il devient donc urgent aujourd’hui de s’orienter vers d’autres moyens thérapeutiques. Pour cela, la thérapie par l’utilisation des phages représente un espoir solide dans le traitement des infections les plus difficiles à combattre. Sans doute pourra-t-on envisager des
traitements couplés comprenant des antibiotiques à l’action globale et des phages à l’action ciblée.

La science de demain vient du passé

À partir des années 1930, les phages ont sombré dans l’oubli au profit des antibiotiques. Ainsi, cela faisait près de trente ans qu’il n’existait plus aucune publication en France traitant de la phagothérapie, ni même d’application thérapeutique.

En Russie cependant, cette pratique a été conservée, si bien que les phages sont utilisés jusque dans l’espace, pour soigner les astronautes. Ce qui d’ailleurs intéresse de plus en plus les armées françaises et américaines.

En effet, lorsqu’on tourne les yeux vers les pays de l’Est, on découvre une avancée incroyable dans le traitement des infections les plus graves, ainsi qu’une véritable recherche scientifique dédiée à cette pratique délaissée des phages. C’est à Tbilissi, en Géorgie, que se trouve le
Phage Therapy Center qui propose également un programme de traitement contre les infections réfractaires aux thérapies classiques. Les témoignages de guérisons inespérées sont aussi nombreux qu’étonnants ! Et les études menées sur des patients dont l’état de santé était dramatique relate que ces personnes, condamnées à une mort certaine, ont ainsi été traitées par des phages, et toutes ont été sauvées par ces derniers.

L’avantage clé de la phagothérapie est qu’elle fonctionne sur des souches bactériennes résistantes aux antibiotiques sans les rendre de plus en plus récalcitrantes au fil du temps. Tout simplement car le phage répond à un processus naturel permettant un équilibrage des bactéries. En effet, à l’inverse des antibiotiques qui, à cause de leur spectre trop général, ont la réputation de détruire la flore intestinale (nos bactéries internes), les phages ont l’avantage de cibler précisément une seule bactérie tout en évoluant, en s’adaptant de façon coordonnée avec cette dernière, faisant face ainsi à ses possibles résistances. De ce fait,
les bactériophages constituent une piste sérieuse dans la découverte de traitements fiables contre les infections bactériennes résistantes aux antibiotiques.

Mais pour que ce traitement d’avenir soit effectif, il faudra l’accord de nos autorités de santé. Or les phages étant des virus, ils n’entrent pour l’instant pas dans le cadre de la législation européenne. Cela promet malheureusement du retard, préjudiciable aux patients.

La maladie de Lyme trouve un sérieux adversaire

Les phages sont remarquables dans le traitement d’une pathologie difficile à soigner et pourtant de plus en plus répandue : la maladie de Lyme.

La Borrelia responsable de cette maladie se soigne par antibiotiques, mais les traitements sont lourds et ne l’éliminent pas toujours. De plus, faisant partie des bactéries les plus rapides et les plus mobiles que l’on connaisse, on la sait capable de se loger dans tous les tissus du corps humain, se rendant comme invisible et, de ce fait, inatteignable par les antibiotiques. En effet, pendant toute la durée du traitement, elle peut se localiser sous forme de kyste spongieux, attirant les globules blancs qui finissent par s’agglutiner et ainsi la dissimuler. La bactérie s’en sort saine et sauve en laissant des lésions créées par l’amas de globules blancs.

Et c’est là qu’entrent en scène nos fameux bactériophages.
S’ils ne peuvent pas véritablement tuer Borrelia, ils permettent en revanche de grandement la fragiliser. En la délogeant, le phage aide à exposer la bactérie à l’action des antibiotiques qui peuvent ensuite la détruire.

Cette application remarquable amorce l’avenir possible de l’utilisation des phages : en association avec d’autres traitements, ils garantissent de bien meilleures chances de guérison.

Pour aller plus loin...

Ce sujet représente de nouvelles perspectives pour la prise en charge des infections les plus résistantes, tout en apportant un réel espoir tant pour les individus que pour le corps médical. Aussi, il ne serait pas étonnant que la phagothérapie retrouve ses lettres de noblesse dans les prochaines décennies, apportant des réponses là où il n’y a plus aujourd’hui de solutions.

Si vous désirez approfondir la question, voici quelques pistes :

  • Le livre « Des virus pour combattre les infections » du Dr Alain Dublanchet, paru aux éditions Favre
  • Le documentaire « La guerre des phages », 2005
  • Le documentaire « Virus contre bactérie », 2012
  • L’association Phag Espoirs

Naturellement vôtre,

Augustin de Livois

PS : Je vous invite également à visionner
le témoignage très émouvant de Sophie Bennarosh sur la maladie de Lyme et l’expertise de Judith Albertat qui l’a complétée enregistré à l’occasion du Congrés de Santé Naturelle 2016. Le public était debout et les oratrices forts émues.

 

Institut pour la Protection de la Santé Naturelle
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